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revue bâtarde #2 - le bonheur - 0
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revue bâtarde #2 - le bonheur
12 EUR
¬ photo - poetry - collages - mixed medias
 ¬ texts are mosty in french

16,8 x 24 cm (6.6 x 9.4 in), 112p. - 250 g.
indekeuken editions, 2013 Offset print @ Cassochrome
€12 + shipping


Avis aux lecteurs

Une bonne déprime, ça fait du bien ! En plus d’une saine introspection abyssale, ça peut créer du lien social. Avec le pharmacien par exemple. Ou le thérapeute. Pour le pharmacien, les temps sont souriants, les affaires tiennent le cap, l’industrie est dynamique. Les thérapeutes prospèrent à l’occidentale, l’agenda chargé. Pas si anodin peut-être alors de conclure déjà que la déprime serait collective sous nos latitudes. Mais commençons par le début. Quel était le déclencheur de la déprime ? Ah, oui, il suffisait d’un peu de lucidité, puis de regarder l’état dans lequel le monde se vautre. Le prix des paquets de mouchoirs par exemple. Pas vrai, Pierrot ? Ça fait sans conteste du bien, une bonne déprime, et c’est en l’occurrence le meilleur moyen d’avoir une vision aussi complète que possible : la vue lucide de l’état du monde couplée à l’abyssale introspection. Avec comme rajout collatéral le dialogue : avec le thérapeute, le regard compréhensif du pharmacien, la dame à l’arrêt de bus à l’heure de pointe (« Affreux ce temps. » « Oh, oui, on ne peut vraiment plus appeler ça un printemps. »)… En dépressifs que nous sommes, nous avons donc invité à cela, au dialogue. Parce qu’inviter au dialogue est une forme de tentative de construction de bonheur social. Et la réponse à l’invitation aura été la multitude de voix et positions et gestes que nous avons pu retenir ici. En austères temps de crise bassinée, on le verra, le bonheur crache des pépites qui ne scintillent jamais pareilles. Ça veut donc dire que… Notamment que le dialogue entre usagers conscients du monde examine de près les possibles infrastructures du bonheur et de son oppression à l’échelle intime tout autant qu’à l’échelle socio-politique ; et aussi à l’intérieur des mouvements de transferts qui les lient. Là, Pierrot rit à pleines dents jaunes.

Le comité central